lundi 17 juillet 2017

Après la vague (Orianne Charpentier)

Il fait beau, ce jour-là, à la terrasse de l'hôtel. La famille est attablée. On discute d'un temple à visiter. Mais avec cette mer turquoise... Maxime n'a aucune envie de bouger. Il va rester ici, tranquille, à profiter de la plage avec Jade, sa sœur jumelle. Quelques minutes plus tard, une vague apparaît. Une vague qui n'en finit pas de grossir. Une vague qui engloutit tout. Dans leur course folle, Jade lâche la main de son frère. Pour Max, il n' y a plus de mots. Plus de larmes. Plus de présent. Plus d'avenir. Pourra-t-il survivre à ce drame ?

Comment réagir lorsqu'on est le "survivant" ? Comment gérer la culpabilité d'être celui qui est resté ? 

Après le drame du tsunami qui a coûté la vie à sa soeur jumelle, Max va devoir vivre avec ça. "Vivre" un bien grand mot... 

Un adolescent torturé, qui culpabilise et refuse toute aide, qui s'enfonce dans un spirale de désespoir. 

Il s'en veut, en veut à sa soeur, se venge sur ses proches. Un travail de deuil difficile à accomplir qui va le mener plus loin qu'il n'aurait pensé.

Un sujet traité avec finesse et sensibilité, un roman bouleversant; j'ai beaucoup aimé.


Note : 4.5/5

vendredi 14 juillet 2017

Un clafoutis aux tomates cerises (Véronique de Bure)

Au soir de sa vie, Jeanne, quatre-vingt-dix ans, décide d’écrire son journal intime. Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l’hiver, d’événements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs, sa petite vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans l’Allier, dans sa maison posée au milieu des prés, des bois et des vaches. La liberté de vie et de ton est l’un des privilèges du très grand âge, aussi Jeanne fait-elle ce qu’elle veut – et ce qu’elle peut : regarder pousser ses fleurs, boire du vin blanc avec ses amies, s’amuser des mésaventures de Fernand et Marcelle, le couple haut en couleurs de la ferme d’à côté, accueillir – pas trop souvent – ses petits-enfants, remplir son congélateur de petits choux au fromage, déplier un transat pour se perdre dans les étoiles en espérant les voir toujours à la saison prochaine... 
Un clafoutis aux tomates cerises, le plus joli roman sur le grand âge qui soit, traite sans fard du temps qui passe et dresse le portrait d’une femme qui nous donne envie de vieillir. 



Véronique de Bure nous livre là un bien beau témoignage sur la vieillesse.
Personnellement j'ai retrouvé un tas d'anecdotes qui me rappelle ma grand-mère, ma mère vieillissante.
Et encore là, Jeanne nonagénaire encore gaillarde est en relative bonne santé, à toute sa tête, et surtout vit chez elle. Elle a la factrice qui passe tous les jours lui déposer son courrier, ses chers voisins Fernand et Marcelle, et ses copines avec qui elles papotent, joue au bridge ; elle conduit encore sa voiture.

Cependant rien n'est facile, mais Jeanne ne laisse pas le gris envahir son esprit et consigne tous ses souvenirs chers à son cœur. Ainsi que son présent fait de petits riens mais qui égaillent sa vie.

Mais voilà, le temps passe, les rangs s'éclaircissent et comme toute chose le temps fait son effet sur les gens. La mobilité décline, l'esprit se fatigue, la moindre émotion a une répercussion physique, et surtout la peur est là de ne plus pouvoir rester chez soi, devoir partir en maison de retraite. 

Une vieille dame pleine de lucidité, et que l'on sent à la fois fragile et forte qui nous raconte sa vie pleine de joies et de douleurs, ses rêves, ses déceptions. 

J'ai trouvé que l'auteur a su mettre le point sur les choses essentielles qui font le quotidien de beaucoup de nos anciens. Leurs joies, leurs peurs, leurs envies de tranquillité, la solitude qui s’installe et la fatigue qui prend le pas sur le reste.

C'est à la fois drôle et triste. Un doux-amer qui nous fait finalement envie, car Jeanne a une vieillesse à la fois indépendante et bien entourée de ses enfants, ses amis, ce qui malheureusement n'est pas le cas pour tous.

Un gros coup de cœur pour ce livre joliment écrit, tendre et émouvant qui m'a ramené un tas de souvenirs de personnes que j'aimais et qui ont disparues depuis si longtemps.


Note : 5/5

jeudi 13 juillet 2017

Pepper et Carrot, 2 Les sorcières de Chaosah (David Revoy )

Pepper est une apprentie sorcière et Carrot est un chat mais ce sont les meilleurs amis du monde ! Au sein de l’univers merveilleux de Hereva, ils redoublent d’effort pour devenir les plus grands maîtres en magie. Même si on a plutôt l’impression que le sort s’acharne à en faire les plus maladroits... Chez eux, les préparations, incantations et autres invocations sont rapidement synonymes de catastrophes !

Une BD sympathique avec de très belles illustrations (les décors, les personnages). Le dessin est beau et m'a plu d'emblée. 

J'ai beaucoup aimé l'humour qu'on trouve dans cette série. Pepper et Carrot sont des personnages très amusants.

Seulement 2 tomes parus pour l'instant, mais je me réjouis de la suite.


Note : 4/5

Pepper et Carrot, 1 Potion d'envol (David Revoy)

Au sein du monde merveilleux de Hereva, la jeune Pepper vit avec son chat Carrot dans une petite maison au fin fond de la forêt de Bout-un-Cureuil. Leur spécialité : faire des potions magiques ! Une activité qui comporte pas mal de risques étant donné que, chez eux, les préparations, incantations et autres invocations ont vite tendance à dégénérer... Partagez le quotidien mouvementé de cette Mélusine d’aujourd’hui dans une série d’histoires courtes au cœur d’un univers de fantasy fun et décalé fait de potions, de créatures, de magie… mais surtout d’humour !

Une BD sympathique avec de très belles illustrations (les décors, les personnages). Le dessin est beau et m'a plu d'emblée. 

J'ai beaucoup aimé l'humour qu'on trouve dans cette série. Pepper et Carrot sont des personnages très amusants.

Seulement 2 tomes parus pour l'instant, mais je me réjouis de la suite.


Note : 4/5

Les orphelins du bout du monde (Harmony Verna)

Au début du XXe siècle, une somptueuse histoire d'amour à l'atmosphère ensorcelante, avec pour toile de fond les vastes plaines de l'Ouest australien, terres ancestrales du peuple aborigène. 

Abandonnée par sa famille dans le désert australien, Leonora est une miraculée. Confiée à un orphelinat, la fillette tisse une amitié aussi forte qu'éphémère avec un petit irlandais rebelle, James O'Reilly. Mais leurs chemins se séparent lorsque Leonora est adoptée par les Fairfield, un couple d'industriels américains. 

Des années plus tard, c'est une belle héritière qui débarque sur les terres australes, au bras de son époux, le séduisant et ambitieux Alex Harrington, chargé de gérer la mine des Fairfield. Mais alors que le couple s'installe dans sa nouvelle demeure de Wanjarri Downs, Leonora croise le chemin de James, embauché pour diriger le ranch. Les retrouvailles sont délicates : leur amitié, toujours aussi forte, doit rester secrète car Alex ignore tout du passé de Leonora. Mais comment résister à cette force qui semble pousser Leonora irrémédiablement dans les pas de James ? 

Leonora veut divorcer, cesser cette mascarade ; ses sentiments pour Alex sont morts. Mais ce dernier mis au défi par sa femme, harcelé par les mineurs qui se mutinent contre lui, va bientôt laisser éclater une violence folle, terrible, dont personne, pas même James, ne sortira indemne...


Un roman découvert par hasard sur le site Netgalley.fr. 
Merci aux éditions Belfond et à Netgalley pour ce partenariat.

J'ai beaucoup aimé me plonger dans l'atmosphère des mines et grands domaines australiens. 

Un roman qui m'a fait voyager, sentir le bush aride, le soleil brûlant, humer la terre rouge. Quelle ambiance !

Leonora est une petite fille qui a été abandonnée dans le bush par son père, puis confiée à un orphelinat où elle va se lier d'amitié avec James, un jeune irlandais. Séparés lorsque Leonora sera adoptée par une famille américaine, c'est bien des années plus tard qu'ils vont se retrouver en Australie. 

Leonora a un destin tragique (l'auteure lui voulait vraiment du mal) et n'est pas une héroïne forte, c'est tout le contraire. Plutôt timorée, elle nous donne envie de la prendre sous notre aile pour la protéger. Malgré quelques pointes de courage, sa vie n'aura rien de simple ni de joyeux. Une mère adoptive rigide, un père adoptif fuyant, un mari violent et soupe-au-lait. Reste James, ami de toujours, amour, amant; Tom, qui deviendra aussi son ami.

J'ai grandement apprécié ce pavé, lu en très peu de temps. 
Même si les personnages sont malmenés du début à la fin, c'était un plaisir de voyager en Australie, de découvrir le bush et les Aborigènes (peuple brimé au possible), de me perdre dans grandes étendues noyées sous le soleil. 

Une belle romance qui fait voyager. Parfait pour la période des vacances.


Note : 4.5/5

mardi 11 juillet 2017

L'adoption, 2 La Garùa (Zidrou, Arno Monin)

Gabriel, le grand-père de coeur de Qinaya en France, part à Lima pour rechercher la petite-fille, qui a regagné le Pérou après que ses parents adoptifs ont été arrêtés pour enlèvement. Il se heurte à de nombreuses difficultés.

J'avais eu un coup de coeur pour le premier tome de ce diptyque (tome 1 : Qinaya) et j'attendais impatiemment le conclusion de cette histoire.

J'ai été triste et surprise par le final de l'histoire de Qinaya. 

Une BD qui nous emmène de plein fouet dans le réel et nous malmène.

Gabriel part au Pérou pour être un vrai grand-père et deviendra un vrai père.

J'aurais préféré une autre fin que celle-ci, mais elle laisse un message d'espoir.

Une lecture pleine d'émotion.


Note : 5/5


lundi 10 juillet 2017

Ma boîte à petits bonheurs (Jo Witek, Christine Roussey)



Dans un style résolument graphique, ce livre met en scène une petite fille qui page à page nous livre petits et grands bonheurs de son existence. Du plaisir d'être en famille à celui de manger des cerises, du bonheur de jouer avec ses amis à la joie de sauter dans les flaques, tout est bon à vivre.
Au fil des pages, chaque bonheur trouve sa place, caché derrière une petite fenêtre qui, une fois ouverte, offre au lecteur surprise et émotion.




Que de douceur et de tendresse dans cet album !
Une petite fille nous partage tous ces petits bonheurs qu'elle met dans une boîte. Que ce soit les premiers pas de sa petite soeur, les jours de pluie à sauter dans les flaques ou faire des bulles de savon.

Et si le bonheur c'était justement ça, ces petits morceaux de vie. 

Un album plein de poésie, sublimé par de très belles illustrations. 

Coup de coeur ! 


Note : 5/5

samedi 8 juillet 2017

Histoire d'un Casse-Noisette - conte d'Hoffman (Alexandre Dumas)

Le soir de Noël, Marie trouve parmi les jouets un casse-noisette en forme de bonhomme. Jaloux, son frère Fritz brise les dents du jouet. La nuit venue, la fillette refuse de se coucher sans avoir installé au mieux son casse-noisette dans l'armoire quand, à minuit, des bruits se font entendre. Marie découvre avec terreur son parrain Drosselmayer assis sur l'horloge et voit des milliers de souris commandées par un roi à sept têtes. Tandis que les rongeurs se rangent en ordre de bataille, les jouets descendent de l'armoire et choisissent Casse-noisette pour général. La joute s'engage mais très vite les souris menacent Casse-noisette. Furieuse, Marie jette son soulier sur les assaillants et sauve son ami avant de tomber évanouie.

Actuellement, sur Babelio le challenge 19ème siècle nous propose un bonus pour une lecture concernant l'enfance.
L'idée m'est venue de chercher dans les contes pour enfants de ce siècle. Et quoi de mieux ayant une édition numérique particulièrement bien fournie d'Alexandre Dumas, d'aller y chercher mon bonheur.

Je suis tombée sur « Histoire d'un casse-noisette », que je savais être de l'écrivain allemand Hoffmann, d'ailleurs Alexandre Dumas ne s'en cache pas, il emprunte sa nouvelle à cet auteur. La première édition date de 1844. La musique classique du ballet du même nom me trottait dans la tête. Je n'ai jamais vu le ballet mais la musique me revenait à l'esprit.

L'entrée en matière de ce récit est des plus savoureuses. Dumas raconte comment il a été contraint, au cours d'une soirée d'enfants à laquelle assistait sa fille, de raconter un conte aux bambins qui l'avaient surpris dans son sommeil et l'avaient attaché sur son fauteuil. L'histoire choisie est celle du Casse-noisette de Nuremberg empruntée à Hoffmann, un charmant conte de Noël. 

Donc me voilà parti dans le pays enchanté de Casse-noisette.

C'est l'histoire d'une petite fille Marie qui le soir de Noël trouve parmi ses jouets un casse-noisette en forme de bonhomme. Et là commence une bien jolie aventure toute en douceur et en bataille, qui saura faire rêver les petites filles et les petits garçons : des poupées somptueuses qui parlent, un preux chevalier, certes pas beau, mais bien courageux quand même et au destin tragique, des petits soldats de plomb qui se battent, des confiseries en veux-tu, en voilà, qui elles-aussi parlent et bougent et sont animées d’un bel esprit chevaleresque et un monde magique, merveilleux et enchanté. 

J'ai vraiment été très touché par ce joli conte, car actuellement je suis à la recherche pour mes petites filles quand elles auront un peu grandi, de bien belles histoires à leur raconter et celle-ci en fera sûrement parti.

Une découverte aussi pour moi, car combien de fois j'ai entendu nommé Casse-Noisette en tant que ballet de Tchaikovski, mais sans connaître le fond de l'histoire. Voilà chose faite et bien m'en a pris.


Note : 4.5/5






Patate (Antonin Louchard)

Tous les chiens aiment jouer à rapporter la balle... C'est vrai, encore faut-il le demander gentiment !
Le héros de cet album est un petit chien comme les autres. Et quel est le jeu préféré des chiens ? C'est de rapporter la balle, bien sûr ! Mais notre héros à quatre pattes ne semble pas bien comprendre ce que lui veut son maître. Celui-ci, excédé, va finir par lui lancer tout ce qui lui tombe sous la main : un ballon de basket, une pantoufle... et puis ce sera le tour de la chaise et du piano !



Patate et son maître joue à "va chercher". Mais Patate semble ne pas bien comprendre la finalité du jeu et grand dam de son maître qui s'énerve et s'impatiente de plus en plus, jusqu'à en devenir ridicule.

Très amusant !


Note : 4/5

DVD : 13 reasons why

Inspirée du best-sellers de Jay Asher, 13 Reasons Why suit Clay Jensen, un adolescent qui découvre sous son porche au retour du lycée une mystérieuse boîte portant son nom. À l'intérieur, des cassettes enregistrées par Hannah Baker, une camarade de classe qui s'est tragiquement suicidée deux semaines auparavant. Les enregistrements révèlent que la jeune fille, dont il était amoureux, a décidé de mettre fin à ses jours pour treize raisons. Clay est-il l'une de ces raisons ?






Encore un raccourci emprunté.

Au lieu de lire le livre de Jay Asher, je me suis attelée à la découverte de la série sur Netflix.

Un sujet bien traité mais j'ai eu beaucoup de mal avec le personnage principal.

Autant je suis convaincue du concept que toute action a une conséquence, autant le personnage au coeur de l'histoire (Hannah) m'a déplu de prime abord. Je la trouvais trop égocentrique, peu sympathique. Mais au fil des épisodes mon avis à changé.

Hannah est une jeune fille meurtrie; son mal-être imbibe toute la série. Petit à petit, on découvre les raisons de ce malaise.
Tranchante parfois avec les personnes qui la cotoient et veulent l'aider, elle dresse le procès de personnes qui l'ont blessée, trahie; sans complaisance. Mais chacun peut être le bourreau de l'autre, rien qu'en gardant le silence.

Bien ficelé, car chaque épisode nous entraîne vers le suivant. Hannah nous raconte sa vision de son histoire, accuse certaines personnes. Une petite vengeance post-mortem, une mise au point, une manière de faire éclater la vérité.

Mais rien n'est noir ou blanc, et chacun(e) a sa propre vision de la même histoire, son implication réelle ou ressentie. Chacun(e) traîne sa culpabilité.

Certaines scènes sont carrément ridicules (genre la fois où Clay et Tony font de l'escalade en basket et en solo - gros moment de rigolade !). La série surfe également sur les clichés.

Une série qui a été au centre de discussion avec mes copines de running (oui, en courant, on cause aussi de tout et rien). Selon une de mes RG (Running Girls), la série a été filmé de manière trop "hollywoodienne" par rapport au livre et certains passages ont carrément été changés. N'ayant pas lu le livre, je ne peux me prononcer à ce propos.

Au final, j'ai bien aimé cette série, même si la fin m'a énormément énervée et frustrée. Je me suis félicitée de ne pas avoir lu le livre, car après une non-fin pareille, celui-ci aurait été tout bonnement balancé par la fenêtre de rage.


Note : 4.5/5